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  L’Aube
Raid militaire Mauritanien au Nord-MALI : Les dessous d’une opération commando

Des accords militaires donnent le droit à l’armée mauritanienne de poursuivre ses ennemis au Mali. Cela explique le raid militaire mené le jeudi dernier par l’armée mauritanienne dans le septentrion malien pour tenter de libérer l’otage français Michel Germaneau. Au-delà, les pays de la bande sahélo saharienne s’organisent (enfin) pour traquer les Salafistes avec l’aide de la France et des Etats-Unis. Explications.

En effet, l’opération mauritanienne, qui n’a pas réussi à libérer Michel Germaneu, est la suite logique des différentes réunions dans la ville algérienne de Tamanrasset des chefs d’états major des armées de la zone Sahélo- saharienne. Lors de la dernière rencontre de Tamanrasset, en avril 2010, les pays du Sahel qui regroupe le Niger, l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, et le Tchad ont décidé d’augmenter le nombre d’effectifs des forces armées.

Ils seront entre 25 et 75.000 éléments avant la fin de 2011. En dehors des mesures communes, il faut ajouter celles relatives aux appuis des armées nationales. Ainsi, le Mali augmentera ses forces à 8 mille hommes, tandis que le Niger contribue avec 5 mille hommes.

Les forces de ces deux pays, sont chargées du contrôle et de la surveillance des frontières. Quant à la Mauritanie, elle s’était engagée à augmenter ses forces de 15 à 20 mille hommes. Par ailleurs, le bureau de coordination sécuritaire entre les armées des pays du Sahel, installé dans la wilaya de Tamanrasset, a été promu à une antenne de commandement habilitée à émettre des ordres et faire le suivi des opérations transmettre une demande de couverture d’urgence.

Dans ce sens, les services de sécurité chargés de la lutte contre les groupes terroristes dans la région du Sahel ont établi une liste comportant les noms des terroristes les plus dangereux relevant d’Al Qaida dans la région sahélo-saharienne. Elle comporte 37 personnes recherchées, sur les 200 éléments qui sont sous les ordres d’Al Qaida, dont la majorité est constituée de Mauritaniens alors que le reste est composé d’Algériens, Maliens, Tchadiens, Marocains, Tunisiens et Libyens.

Une opération suivie à Paris et à Madrid

La France a dit avoir fourni un appui technique et logistique à cette opération antiterroriste de la Mauritanie contre AQMI, groupe qui détient un otage français depuis trois mois.

Selon le journal El Pais, le gouvernement espagnol a été informé de l’opération juste avant son déclenchement et s’est vivement inquiété pour la sécurité de deux otages espagnols qui seraient détenus par le même groupe depuis huit mois. Le vice-Premier ministre espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega a déclaré que les deux travailleurs humanitaires espagnols vont bien et que leurs ravisseurs ne sont pas les mêmes que ceux des citoyens français.

Mohamed Ould Boilil, le ministre mauritanien de l’Intérieur, a dit à la presse à Nouakchott qu’au cours du raid, six islamistes ont été tués et un grand nombre d’explosifs et des munitions ont été saisis. Cette opération visait à prévenir une attaque du réseau AQMI contre la Mauritanie. « Des moyens militaires français ont apporté un soutien technique et logistique à une opération mauritanienne destinée à prévenir une attaque d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre la Mauritanie », écrit le ministère français de la sécurité.

Les services de sécurité occidentaux tentent de lutter contre des factions régionales armées d’Al Qaïda qui agissent dans des coins reculés du Sahara. C’est ainsi que des équipes françaises du Commandement des opérations spéciales (COS) sont discrètement présentes depuis plusieurs mois en Mauritanie, mais également le service des renseignements à travers la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Le groupe visé par l’armée mauritanienne est celui qui a exécuté un otage britannique il y a un an et qui refuse de donner des preuves de vie et d’engager le dialogue en vue de la libération de l’otage français, Michel Germaneau. Aussi, c’est aujourd’hui lundi 26 juillet qu’expire l’ultimatum d’AQMI concernant l’otage français. Le raid mauritanien scellera-t-il le sort du vieil homme ? Il faut le craindre.

Soumaïla T. Diarra

26 Juillet 2010.

 

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